Image Credit: Simone D. McCourtie / World Bank

CONTEXTE — Le relèvement extraordinaire du Rwanda à la suite de l’effondrement politique, économique et social causé par le génocide de 1994 contre les Tutsis constitue l’une des réussites les plus encourageantes en matière de développement de l’Afrique. Depuis ce temps, le gouvernement du Rwanda s’est engagé à entreprendre une transformation fondamentale, sociale et économique à grande échelle, laquelle vise à faire passer le Rwanda d’un statut de pays à faible revenu à celui d’un pays à revenu intermédiaire. Cet engagement s’est déjà traduit par des résultats particulièrement remarquables. Le Rwanda est l’un des rares pays africains ayant atteint la plupart des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Sa croissance économique réelle atteignait environ 8 % par année de 2001 à 2015, ce qui a généré une importante réduction des taux de pauvreté, lesquels sont passés de 56,7 % en 2000 à 39,1 % en 2014, et une réduction des taux d’extrême pauvreté, soit de 35,8 % en 2000 à 16,3 % en 2014.

L’un des éléments clés du relèvement du Rwanda correspond à la mise en oeuvre des Imihigo, une pratique culturelle ancestrale associée aux ententes de rendement. La modernisation de cette pratique constitue l’une des approches novatrices qui sont utilisées pour renforcer la planification, la mise en oeuvre et l’évaluation du développement, et ce, en vue d’améliorer les conditions de vie des Rwandais. Tous les paliers de gouvernement, y compris les gouvernements nationaux, provinciaux et ceux des districts, doivent planifier et mettre en oeuvre leurs propres objectifs et leurs propres engagements liés aux Imihigo (p. ex. le développement de l’infrastructure, la création d’emplois). Ceux-ci sont éclairés par les vastes processus de budgétisation et de planification à moyen et à long terme, comme Vision 2020 du Rwanda, la Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté, les plans stratégiques propres à un secteur, les plans d’action annuels, de même que les plans quinquennaux de développement des districts.

Il était de coutume que l’évaluation des Imihigo soit menée par un comité composé de représentants du Bureau du président, du Cabinet du premier ministre, du ministère responsable des affaires gouvernementales locales, et du ministère des Finances et de la Planification économique. Toutefois, depuis 2014, l’Institute of Policy Analysis and Research (IPAR-Rwanda) a été invité à diriger cette évaluation et à fournir un point de vue indépendant sur la mesure dans laquelle les objectifs des Imihigo sont atteints.

CE QUE L’IPAR-RWANDA A FAIT — L’IPAR-Rwanda a utilisé une approche participative à l’égard de l’évaluation pour l’exercice 2015-2016, en intégrant les points de vue des responsables des politiques, des représentants gouvernementaux locaux, des partenaires du développement, et des citoyens en ce qui concerne la planification et la mise en oeuvre des Imihigo. L’évaluation comprenait l’appréciation des réalisations par rapport aux objectifs de rendement à l’intérieur de plusieurs grappes – développement économique, développement social, gouvernance et justice – en fonction des documents à l’appui. Cette évaluation a été complétée par des entrevues avec d’importants représentants gouvernementaux, partenaires du développement et représentants d’organismes de la société civile, par des groupes de discussion réunissant des membres des comités de district et des citoyens, et par une vérification sur le terrain par l’intermédiaire d’un échantillon de projets. Parmi les facteurs examinés au cours de l’évaluation, on compte la mesure dans laquelle les activités et les objectifs proposés étaient harmonisés avec les plans de développement nationaux et dans laquelle ils étaient susceptibles d’éclairer la transformation économique et sociale; le niveau d’atteinte des objectifs a été atteint et les réalisations ont été accomplies; la disponibilité, la qualité et l’exactitude des données justificatives permettant de valider les réalisations; et le rôle de divers partenaires dans le soutien et la mise en oeuvre des activités prévues et engagées.

L’évaluation a révélé un certain nombre de réalisations qui ont contribué à améliorer la vie des Rwandais. Par exemple, plus de 4 500 nouvelles petites et moyennes entreprises (PME) ont été créées cette année-là, soit 177 % de plus que l’objectif qui avait été établi. Les PME se sont avérées importantes car elles ont créé des emplois, fait la promotion de l’entrepreneuriat et fourni un accès aux compétences en matière de développement des affaires et des finances, particulièrement pour les femmes et les jeunes. Selon le dernier rapport de l’Enquête intégrée sur les conditions de vie des ménages, lequel a été publié en 2015, au moins 200 000 nouveaux emplois non agricoles ont été créés chaque année depuis 2011. En continuant sur cette lancée, le gouvernement du Rwanda atteindra probablement son objectif, qui consiste à créer un million d’emplois non agricoles d’ici 2018. De plus, 748 342 ménages (soit 97 % de l’objectif) ont maintenant accès à de l’eau potable dans un rayon de 500 mètres de leur domicile, ce qui a contribué à améliorer la salubrité et à réduire le temps nécessaire pour aller chercher de l’eau. Enfin, l’évaluation a révélé que les partenaires du développement (organismes internationaux, organisations non gouvernementales tant à l’échelle nationale qu’internationale, secteur privé) ont grandement contribué à atteindre les objectifs des Imihigo en harmonisant leurs projets de financement et leurs programmes de développement socioéconomique avec les priorités du gouvernement.

LES RÉSULTATS — L’IPAR-Rwanda a été invité à présenter les conclusions de l’évaluation à des représentants politiques de haut niveau, y compris dans le cadre d’un forum des ministres gouvernementaux présidé par le premier ministre du Rwanda et au cours d’une cérémonie télévisée présidée par le président du Rwanda et diffusée à la radio et à la télévision nationales.

De plus, l’IPAR-Rwanda a constaté que, malgré les progrès positifs résultant des Imihigo, certains domaines pourraient être améliorés davantage. Par exemple, les délais liés au versement des fonds aux districts par le gouvernement central peuvent limiter considérablement les progrès réalisés vers l’atteinte des priorités et des objectifs précis en matière de développement. Ayant examiné les évaluations antérieures des Imihigo, l’IPAR-Rwanda a recommandé que le gouvernement central prenne des mesures pour assurer une facilitation, une orientation et un transfert de fonds en temps opportun. Par la suite, le gouvernement du Rwanda a révisé sa stratégie de transfert des fonds, ce qui a permis de réduire les délais liés au versement des fonds aux districts locaux. De plus, les conclusions ont révélé que, même si des réalisations incroyables ont été accomplies en vue de fournir aux citoyens une prestation de services décentralisés et un accès à davantage d’espaces politiques pour exprimer leurs points de vue, le niveau d’engagement civique s’est avéré moins élevé que prévu. Dans cette optique, l’IPAR-Rwanda a recommandé que des efforts supplémentaires soient déployés pour consulter les citoyens au cours de la préparation des Imihigo, particulièrement en ce qui concerne les objectifs qui s’appliquent aux collectivités. Le ministère responsable des affaires gouvernementales locales a pris en compte cette recommandation et il travaille maintenant avec les districts afin d’assurer une forte participation citoyenne à la préparation des Imihigo.

La crédibilité et la visibilité de l’IPAR-Rwanda ont augmenté considérablement au cours des trois dernières années, et ce, à la suite de sa participation à cette importante initiative. Par exemple, cette augmentation a contribué à établir une nouvelle collaboration entre l’IPAR-Rwanda et l’Université du Massachusetts sous la forme d’une initiative triennale, qui vise à faire progresser la justice administrative au Rwanda, avec l’aide financière de l’Agence américaine pour le développement international. Le Cabinet du premier ministre a également chargé l’IPAR-Rwanda d’évaluer le programme gouvernemental d’une durée de sept ans (de 2010 à 2017) du pays, lequel programme a orienté les investissements et les activités du gouvernement central au cours de cette période, et ce, dans des domaines clés comme l’infrastructure, l’entretien et la prestation de services publics, le logement, l’abordabilité et les considérations d’ordre environnemental. Enfin, l’IPAR-Rwanda mènera l’évaluation finale, qui mesurera la réussite du programme et éclairera la planification des futurs 

Renseignements de base

Date Established:
2008

Kigali, Rwanda
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