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Le Foro Social de Deuda Externa y Desarrollo de Honduras (FOSDEH) a joué un rôle essentiel dans le processus d’allègement de la dette du Honduras après le passage de l’ouragan Mitch.

CONTEXTE —Au cours de la dernière moitié du XXe siècle, le Honduras s’est mis à accumuler une dette étrangère considérable dont les effets sont devenus accablants. Mais, l’endettement du pays et l’opportunité ou non de contracter une dette étrangère supplémentaire faisaient rarement l’objet de discussions, sans compter le manque de transparence entourant le sujet. Le gouvernement du Honduras souhaitait amorcer des négociations sur l’allègement de cette dette, car le remboursement du capital et des intérêts imposait un lourd fardeau.

Après le passage de l’ouragan Mitch, qui a dévasté le Honduras en octobre 1998, le pays est devenu admissible aux processus d’allègement et de restructuration de la dette. Le Foro Social de Deuda Externa y Desarrollo de Honduras (FOSDEH), récemment créé, a alors joué un rôle fondamental dans la décision de faire du problème de la dette étrangère une priorité nationale.

CE QUE LE FOSDEH A FAIT —Le FOSDEH doit sa création, en 1995, aux efforts déployés par la société civile en vue de s’attaquer au problème de la dette extérieure du Honduras et à ses répercussions. De 1996 à 2006, il a étudié le problème sous tous ses angles ainsi que les obstacles qu’il posait sur le plan du développement. Parce que le think tank connaissait bien le processus international d’allègement de la dette et les questions économiques connexes, le gouvernement lui a demandé de le conseiller dans le cadre du processus de négociations sur l’allègement de la dette, ce qu’il a fait de 1998 à 2001, puis de 2002 à 2006. Le FOSDEH a incité à l’adoption d’une stratégie globale de réduction de la pauvreté et d’un moratoire sur le remboursement de la dette extérieure.

Le FOSDEH a aidé le gouvernement à mener des négociations fructueuses sur l’allègement de la dette auprès des institutions financières internationales. De son côté, le gouvernement s’est engagé à mettre en oeuvre des programmes de développement et de réduction de la pauvreté. Au cours du processus, le think tank a remis en question la façon dont le Honduras a géré sa dette étrangère au fil des ans. Sachant que le fardeau de la dette touchait tous les citoyens du Honduras, il a fait valoir l’idée partagée par un grand nombre selon laquelle la gestion de la dette ne doit pas relever uniquement de la responsabilité et du mandat de l’État.

De fait, le FOSDEH est devenu un acteur technique intervenant directement dans le processus d’allègement de la dette du Honduras. Il a proposé des solutions au gouvernement aussi bien qu’aux diverses institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, tout en assurant le dialogue et en établissant des ponts avec les organismes sociaux à l’échelle nationale. Tout au long de ses recherches, le FOSDEH a consulté nombre d’intervenants sociaux, notamment des dirigeants d’organismes communautaires et des représentants d’ONG.

RÉSULTAT —Malgré les efforts déployés au cours des sept dernières années, le gouvernement du Honduras n’a malheureusement pas réussi à mettre en oeuvre ces programmes. Les ressources financières débloquées ont plutôt servi à financer ses dépenses courantes. En 2013, la dette du Honduras est plus élevée qu’elle ne l’était avant d’amorcer le processus d’allègement, cette augmentation résultant des emprunts contractés sur le marché intérieur – au point où le remboursement des intérêts et des capitaux d’emprunt représente le deuxième plus important poste du budget national. La pauvreté a également augmenté au pays. Ainsi, cet exemple démontre que des recherches rigoureuses peuvent mener à un dialogue efficace sur les politiques, mais qu’elles ne produiront pas nécessairement les incidences souhaitées.

Le FOSDEH continue, à l’intérieur de ce cadre, de fournir des analyses au gouvernement et aux citoyens et de leur proposer des solutions socioéconomiques. À cette fin, il fait valoir des considérations macroéconomiques en faveur de la gestion de la dette et préconise une plus grande transparence dans l’affectation des ressources publiques. Le think tank continue de collaborer avec la société civile tout en incitant le gouvernement à consacrer ses ressources à la lutte contre la pauvreté.

Pour en savoir plus sur le FOSDEH, consulter le www.fosdeh.net

Renseignements de base

Date Established:
2013

Tegucigalpa, Honduras
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