Image Credit: Miroslav Krajcovic - flickr

Les recherches novatrices que fait le Centre for the Study of Developing Societies (CSDS) aident une des plus anciennes civilisations du monde à devenir le plus jeune des pays.

CONTEXTE —Déjà, plus de la moitié de la population de l’Inde a moins de 25 ans. D’ici 2020, l’âge moyen devrait être de 29 ans, l’Inde aura alors la plus jeune population du monde. Par la force du nombre, les jeunes Indiens sont appelés à devenir au cours du siècle les acteurs des changements qui se produiront sur le plan de l’économie. À cet égard, ils peuvent constituer soit un « dividende démographique », c’est-à-dire une maind’oeuvre dynamique et un marché de consommateurs, soit une « catastrophe démographique », c’est-à-dire un groupe très nombreux de travailleurs non qualifiés détenant très peu de pouvoir d’achat. Les politiques qu’élabore le gouvernement aujourd’hui contribueront grandement à déterminer si ce changement démographique est un bienfait ou un fléau.

Le gouvernement de l’Inde est très conscient de l’importance que les jeunes représentent pour l’avenir du pays. Le ministère de la Jeunesse et des Sports planifie et met en oeuvre des politiques axées précisément sur les jeunes et il s’emploie actuellement à ébaucher le Plan national pour la jeunesse. Cependant, les travaux existants sur la jeunesse indienne qui en éclairent l’élaboration ne concernent dans l’ensemble que les jeunes des grandes villes et présentent très peu de données ou d’observations sur les jeunes vivant dans des villages ou de petites villes. Les hypothèses qui y sont formulées sur la jeunesse indienne sont donc fondées sur une fausse conception selon laquelle elle forme un groupe homogène.

CE QUE LE CSDS A FAIT —Afin de remédier à l’insuffisance des renseignements, le CSDS a entrepris deux études nationales permettant de dresser un portrait réaliste de la jeunesse indienne. À cette fin, il a recensé les attitudes, les comportements, les inquiétudes, les aspirations et la participation à la vie politique des jeunes, et ce, parmi différents segments géographiques et sociaux. La première étude, réalisée en 2007-2008, a surtout examiné des questions d’ordre social comme la modernité, les valeurs familiales traditionnelles, les inquiétudes et les aspirations. La deuxième étude, menée en 2011, s’est penchée sur des questions politiques, en particulier les degrés de participation à la vie politique. À l’aide d’une enquête transversale, pivot de sa méthodologie, le CSDS a pu abandonner cette fausse conception relative à l’homogénéité et montrer que les jeunes forment un groupe démographique qui diffère selon la situation socio-économique de chacun.

Le rapport de la première étude est paru en décembre 2008 et a par la suite fait l’objet d’un livre intitulé Indian Youth in a Transforming World: Attitudes and Perception (Sage Publications, Inde, 2009). Le rapport de la deuxième étude été a été publié par le ministre de la Jeunesse du gouvernement de l’Inde en février 2012. Un livre paraîtra bientôt sous le titre Indian Youth and Electoral Politics: An Emerging Engagement. Les médias indiens ont aussi largement diffusé les constatations ayant émané des études. Le chercheur spécialiste de la jeunesse au sein du CSDS (Sanjay Kumar) participe à des réunions et conférences afin de présenter ces constatations et il s’emploie à élargir les réseaux. Il a également rédigé plusieurs articles sur la question, dont l’un fait l’objet d’un chapitre du Report on State of the Urban Youth, India 2012: Employment, Livelihood, Skills, compilé par l’IRIS Knowledge Foundation et commandé par le Global Urban Youth Research Network d’ONU-HABITAT.

RÉSULTAT —Le processus d’élaboration des politiques est à peine entamé, mais le CSDS a déjà exercé une influence sur la façon de traiter la question. La Commission sur le savoir de l’État du Karnataka a commandé une étude semblable à celle réalisée par le CSDS et elle s’inspire des rapports d’études produits par ce dernier pour concevoir la sienne. L’équipe du Centre a également eu quelques réunions avec des fonctionnaires du ministère de la Jeunesse du gouvernement de l’Inde afin d’examiner les possibilités de participer à la formulation des politiques, ainsi qu’à la mise en oeuvre et à l’évaluation de programmes axés sur le bien-être des jeunes de l’Inde.

Grâce à son travail novateur, le CSDS est en voie de devenir un foyer essentiel de recherches sur les jeunes, non seulement en Inde, mais aussi dans l’ensemble de la région de l’Asie du Sud. Il entreprendra d’ailleurs une troisième étude pour faire suite aux deux autres portant, cette fois, sur les jeunes d’autres pays d’Asie du Sud, et qui offrira une perspective comparative. Le CSDS est aussi membre d’un réseau d’organismes de recherche d’Asie du Sud qui entreprennent des travaux sur les jeunes de la région. En font partie l’Université de Colombo, l’Institute of Governance Studies, de l’Université BRAC à Dacca, le Social Science Baha, de Katmandou, et le Bureau de Delhi du South Asia Institute (SAI) de l’Université de Heidelberg. De concert avec ces organismes, le CSDS a organisé la première conférence annuelle Giving Youth a Voice, qui s’est tenue à l’Université de Colombo en mars 2012. Les 40 participants provenaient du Sri Lanka, de l’Inde, du Bangladesh, du Népal, du Pakistan et du Bhoutan et comprenaient des responsables des politiques, des représentants d’organismes voués à la jeunesse, des membres du Parlement des jeunes du Sri Lanka et des universitaires d’Asie du Sud et d’Allemagne. Une deuxième conférence aura lieu à Katmandou en septembre 2013.

Pour en savoir plus sur le Centre for the Study of Developing Societies, consulter le http://www.csds.in/index.php

Renseignements de base

Date Established:
1967

Delhi, Inde
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